2/2 – Une seconde médiation pour trouver sa place

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Parfois une seule médiation ne suffit pas, une seconde médiation est nécessaire ! C’est le cas pour notre famille d’agriculteurs.


Sylvain recontacte la médiatrice un an après la fin de la première médiation familiale. Car des tensions persistent. Son grand-père a du mal à lâcher prise, et sa tante Jacqueline ne reconnaît pas Sylvain comme le nouveau responsable de l’exploitation.

C’est alors qu’un deuxième acte d’entrevues et de dialogues commence. Car si le projet de donation au petit-fils était réglé lors de la première médiation, des problèmes plus profonds restent en suspens au sein de la famille.

Une seconde médiation, cette fois centrée sur le relationnel, va permettre à Sylvain de s’affirmer et de restaurer le dialogue mais aussi au grand-père d’exprimer ses ressentis sur la situation.


I. Un an après : des tensions toujours présentes

À la suite de la première médiation, Sylvain travaille désormais sur l’exploitation agricole. Les grands-parents sont désormais à la retraite et habitent sur place. Le grand-père est assez réticent et a du mal à accepter de ne plus être aux commandes. Jacqueline, la plus récalcitrante au projet, n’habite pas loin de l’exploitation. Elle se comporte comme si l’exploitation était toujours à ses parents. Elle utilise le carburant, l’eau, etc.

Sylvain demande une deuxième phase de médiation, car la situation est loin de lui convenir. Il ne se sent pas ni respecté ni reconnu.


II. Une seconde médiation centrée sur les émotions et les relations

1. Quatre séances pour rétablir le dialogue

Face au désarroi de Sylvain, la médiatrice accompagnée de la technicienne de l’association, débute une nouvelle série d’entretiens : quatre séances pour mieux communiquer et rétablir le dialogue.
Lors de cette seconde médiation, la médiatrice a fortement travaillé la place de chacun dans la famille, les relations, les tensions, les émotions.

2. La médiation et le monde agricole

Médiatrice et agriculteur ont dû se parler, s’écouter et se faire confiance. Un vrai défi ! Le grand-père ressentait une réelle hostilité, une vraie méfiance envers cette personne qui n’est « pas d’ici, qui vient de la ville ».

Parler de ses émotions et de ses besoins n’est jamais simple et évident. C’est encore plus le cas dans le monde agricole. Pourtant la place et le rôle du médiateur sont d’aider, d’accompagner, d’entendre chacun, chaque parti sans jugement. Le médiateur est là pour eux, pour entendre chacun d’eux. 

La professionnelle est parvenue à montrer au grand-père qu’elle comprenait ce qu’il ressentait. Une confiance encore plus grande, que lors de la première médiation, s’est installée. Et le grand-père a pu alors s’exprimer sans colère.

3. Le grand-père : frustrations et réticences

Le grand-père a pu verbaliser avec l’aide de la médiatrice ses maux et ses frustrations :

  • il est âgé,
  • il a des problèmes de santé,
  • il est blessé dans son orgueil (de ne plus faire ce qu’il pouvait aisément faire auparavant),
  • il est frustré de voir son petit-fils effectuer le travail et les diverses tâches différemment.

Au début de cette deuxième médiation, le dialogue entre le grand-père et le petit-fils est très houleux et quasi rompu : grosses colères, insultes, etc. Suite aux confidences du grand-père, le dialogue s’apaise quelque peu et est restauré.


III. Grand-père et petit-fils : apprendre à communiquer autrement

L’amour de la terre comme point commun

Lors de cette seconde médiation, la médiatrice met en avant ce qui unit Robert et Sylvain : leur amour pour la terre. La médiatrice les a mis suffisamment à l’aise afin qu’ils puissent parler de leurs émotions et de leurs sentiments (toujours avec beaucoup de pudeur).

Des compromis concrets

À la suite de ces entretiens :

  • Sylvain accepte de laisser une place à son grand-père dans l’exploitation et faire preuve de patience et de compréhension : boire le café ensemble le matin et faire un point sur la journée.
  • Robert comprend qu’il n’est plus aux commandes et accepte un nouveau rôle : il se charge de trouver de nouvelles terres pour son petit-fils.

Les deux apprennent à communiquer sans s’insulter.


Une amélioration notable, mais des tensions persistantes

Grand-père et petit-fils sont apaisés, souriants, et solidaires. Ils se parlent sans crier, communiquent, échangent.

Avant, le petit-fils nerveux, jeune, impatient ne savait pas communiquer sans exploser. Aujourd’hui, il sait dire ce qu’il ressent sans s’emporter. Il se connaît mieux et se montre plus patient envers les autres.

Une séance avec Jacqueline, la fille, est réalisée afin de poser un cadre et de rappeler l’essentiel : ce qui appartient aux grands-parents et ce qui appartient au petit-fils. Une amélioration est à noter (demander avant de se servir), mais quelques réticences font craindre de nouvelles tensions.

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La médiation est un long cheminement. C’est un processus lent qui nécessite avant tout de la patience envers soi-même. Au début, tout était confus. Il y a avait beaucoup de non-dits, de malentendus, de tensions. Les choses ont évolué dans le bon sens : ils savent résoudre des problèmes sans heurts, se faire entendre dans le respect.

Le processus de médiation ouvre la possibilité du dialogue. Pour autant ce dialogue ne signifie pas nécessairement la disparition du conflit mais une reconnaissance mutuelle de la place de chacun et une nouvelle manière de se parler, de s’adresser à l’autre.

La médiation a permis à Sylvain de trouver sa place dans la famille et d’apprendre à communiquer avec son grand-père et sa tante. Si des tensions persistent, le chemin parcouru est déjà immense : dialogue, respect et patience ont remplacé les conflits.